Durée : 60 min
DMITRI SCHOSTAKOVITCH (1906-1975)
Symphonie n° 14 en sol mineur op. 135 (1969)
pour soprano, basse, cordes et percussions
Texte de : Federico Garcia Lorca, Guillaume Apollinaire, Wilhelm Küchelbecker et Rainer Maria Rilke.
Adagio. De Profundis
Allegretto. Malagueña
Allegro molto – Adagio. La Loreley
Adagio. Le Suicidé
Allegretto. Les Attentives I
Adagio. Les Attentives II
Adagio. À la Santé
Allegro. Réponse des cosaques zaporogues au sultan de Constantinople Andante. O, Delvig, Delvig!
Largo. La Mort du poète
Moderato. Conclusion
Clara Meloni, soprano
Grzegorz Różycki, basse
ORCHESTRE DES JARDINS MUSICAUX
Direction : Valentin Reymond
Production Jardins Musicaux
Tant par son ampleur que par sa diversité, l’œuvre symphonique de Dmitri Schostakovitch figure, à côté de celle de Gustav Mahler, dans les trésors musicaux incomparables du 20e siècle.
Particulièrement osée dans l’Union soviétique de 1969, la 14ᵉ Symphonie de Schostakovitch renoue musicalement avec la période la plus expérimentale de son œuvre (celle de la 2ᵉ Symphonie et de l’opéra Le Nez), en utilisant des textes contestant le pouvoir communiste et s’insurgeant contre l’injustice de la guerre et ses morts gratuites.
À travers ses quinze symphonies, Schostakovitch n’a cessé d’explorer les territoires de ce genre musical, mais aussi d’en repousser les limites en ne s’enfermant jamais dans un modèle spéci- fique. Loin de ses grandes fresques héroïques, la Quatorzième est assurément la plus originale et aussi la plus intime. Alors gravement malade, le compositeur délivre avec cette œuvre à part une expérience transcendantale ; il fait écho au War Requiem de Britten (Schostakovitch lui a dédié sa composition), aux Requiem Canticles de Stravinsky et aux Chants et danses de la mort de Moussorgski qu’il avait orchestrés auparavant. Bâtie sur une distribution radicale (deux chanteurs aux voix extrêmes, dix-neuf cordes et deux percussions), la 14ᵉ Symphonie s’articule sur onze textes de grands poètes de notre temps : Federico Garcia Lorca, Guillaume Apollinaire, Wilhelm Küchelbecker et Rainer Maria Rilke. La partition défie également toute classification précise (quelque part entre la symphonie, le lied, le requiem) et transporte l’auditeur dans une succession de mouvements ciselés comme autant de scènes finales d’opéra.