PHOTOGRAPHIE DU PROGRAMME

NOÉ COTTER, UN OEIL ACÉRÉ

Illustrer un concert ou un spectacle, c’est donner une première « lecture » des œuvres au public qui les attend et aux artistes qui les préparent. Depuis les origines, nous avons donné le crayon, le pinceau ou le regard à des créateurs. Cette année, c’est l’œil du photographe Noé Cotter qui accompagne notre programmation.

Noé Cotter © Jessica Dreier

Collaborer avec les Jardins Musicaux, c’est accepter de confronter son regard à une vision qui ne lâche rien. Travailler avec Valentin et Maryse fut une expérience… disons, électrisante. Entre leurs directives précises et mes envies de clair-obscur, nous avons dû apprendre à composer ensemble, non sans quelques étincelles. Mais comme pour la musique, c’est souvent du frottement des cordes que naît la plus belle vibration.

Cette intensité tombe finalement sous le sens quand on regarde le programme de cette année. On y croise la fraternité universelle de Beethoven et l’ombre plus grinçante du roi Ubu. C’est exactement là que se situe mon travail : dans ce dialogue constant entre la douceur de l’espoir et la rudesse du monde.

Mes images sont des fragments de cette traversée. J’y ai mis ma mélancolie, mais surtout ma fascination pour cette lumière qui ne jaillit jamais aussi bien que lorsqu’elle doit percer l’obscurité. Qu’il s’agisse d’une fleur qui semble s’embraser ou d’une silhouette cherchant l’air sous la surface, chaque visuel est une petite victoire de la poésie sur le chaos. Face aux figures despotiques et aux tensions de notre époque, j’ai voulu que ces photos soient des refuges de mystère et de magie.

La musique a été mon fil d’Ariane tout au long de ce processus, transformant le stress des débuts en une série dont je suis aujourd’hui fier. Elle prouve qu’avec un peu de temps (et beaucoup de conviction), on finit toujours par trouver un terrain d’entente où la lumière l’emporte.

Je vous souhaite une immersion musicale aussi riche et contrastée que l’a été pour moi cette aventure visuelle.

Noé Cotter