LES ŒUVRES D'AUTEURS DE LA COLLECTION DE L'ART BRUT DIALOGUENT AVEC LES CRÉATIONS MUSICALES

 

Illustrer un concert ou un spectacle, c’est donner une première « lecture » des oeuvres, au public qui les attend et aux artistes qui les préparent. La Collection de l’Art Brut nous offre depuis quatre ans le privilège de vous faire partager son immense réservoir d’imaginaire.
Merci à Pascale Jeanneret, conservatrice, et à Sarah Lombardi, directrice, d’être les complices de ce partage.
M. Fuhrmann – V. Reymond

 

Il y a des petits ouvrages de rien du tout,
tout à fait sommaires, quasi informes,
mais qui SONNENT très fort et pour cela on
les préfère à maintes oeuvres monumentales
d’illustres professionnels.
Jean Dubuffet,
L’art brut préféré aux arts culturels,
1949

 

Février 2016 marque les quarante ans de la Collection de l’Art Brut ; c’est l’occasion de revenir sur l’origine même du concept d’Art Brut tel que l’entendait l’artiste français Jean Dubuffet, à qui l’on doit l’invention du terme ainsi que l’existence du musée, inauguré en février 1976, après la donation de sa collection d’Art Brut à la Ville de Lausanne.

Pour célébrer cet anniversaire, nous avons choisi de réunir dans le cadre de l’exposition intitulée
L’Art Brut de Jean Dubuffet, aux origines de la collection, du 5 mars au 28 août 2016, 164 pièces issues exclusivement du fonds du musée lausannois, et déjà sélectionnées par Dubuffet lui-même pour L’Art Brut, une exposition qui s’est tenue à l’automne 1949 à la galerie René Drouin, située place Vendôme, à Paris.

Cette manifestation était la toute première organisée par l’artiste hors les murs de la Compagnie de l’Art Brut, avec pour cadre une galerie dont les vernissages étaient très courus dans le Paris de l’après-guerre. Le titre provocateur du catalogue édité à cette occasion – L’Art Brut préféré aux arts culturels – et le texte pamphlétaire de Dubuffet, démontrent que l’Art Brut fait figure de manifeste aux yeux du théoricien.

Revisiter quelque soixante-sept ans plus tard cet événement majeur, qui rassemblait 200 oeuvres de 63 auteurs autodidactes dont la moitié étaient des patients d’hôpitaux psychiatriques, permet d’en mesurer l’audace et toute la portée critique : désigner comme de l’art en 1949 des travaux réalisés par des autodidactes totalement étrangers au champ culturel questionnait la notion même d’art et ce qu’il représentait alors.

Vous pourrez découvrir dans ce programme des Jardins Musicaux quelques oeuvres issues du fonds d’origine du musée lausannois et en particulier la peinture de Miguel Hernandez illustrant Le Mandarin merveilleux ( p. 22 ), le dessin de Robert Gie qui représente trois personnages de profil dont les corps sont parcourus d’effluves ( p. 25 ), ou encore la sculpture d’un homme-oiseau à crête rouge ( p. 36 ) réalisée par Auguste Forestier. L’auteur l’a taillée dans des morceaux de bois récupérés au rebut, et agrémentée de lanières de cuir et de pièces de tissu.

Je vous souhaite une belle découverte de ces oeuvres d’Art Brut, toutes collectionnées par Jean
Dubuffet entre 1945 et 1949 !

 

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Sarah Lombardi
Directrice

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