[22.03.2017] En cette année de 20 ans de Festival, Maryse Fuhrmann nous propose de revenir sur la création de l'Opéra Décentralisé Neuchâtel (ODN) et des Jardins Musicaux. Deuxième partie.

Vous êtes donc devenue luthière. Et vous rencontrez Valentin Reymond.

Comme je le disais (voir la première partie: «D’une certaine façon, le théâtre m’a éduquée!»), le métier de luthier me permet de sortir du statut d’ouvrière et d’assumer une place dans la vie sociale et artistique. Mais le théâtre reste une passion et la rencontre en 1980, à mon atelier de lutherie, avec Valentin Reymond, violoncelliste et chef d’orchestre, débouche sur un projet un peu fou, l’Opéra Décentralisé qui réunit nos différentes aspirations et devient une sorte de trait d’union entre le théâtre et la musique, une complémentarité qui n’a cessé d’enrichir notre complicité.

[15.03.2017] En cette année de 20 ans de Festival, Maryse Fuhrmann nous propose de revenir sur la création de l'Opéra Décentralisé Neuchâtel (ODN) et des Jardins Musicaux.

L'ODN est la structure qui produit le festival des Jadins Musicaux. Comment est-elle née ?

A Neuchâtel, nous avons commencé par combattre l’exclusivité des tournées Karsenty – spectacles programmés par une agence française, souvent des comédies avec une star - et les spectacles au Théâtre de la ville sous l’égide des Affaires culturelles, prennent peu à peu une autre orientation. Le Théâtre de Poche devient un lieu de créations modeste et génère les premières rencontres fructueuses avec de futurs grands metteurs en scène et interprètes. J’ai eu la chance dans les différentes disciplines que j’ai abordées, de voir, d’entendre, de rencontrer - puis de travailler avec - des artistes de talent qui ont, presque à mon insu, posé plus tard, la trame de nos ambitions artistiques. Qu’il s’agisse du grand violoniste, Arthur Grumiaux - dont j’ai été la luthière durant les dix dernières années de sa vie – de la découverte et du suivi puis de l’amitié de Georges Lavaudant, Laurent Terzieff, Jean Bouise, André Marcon, Ariel Garcia Valdès, tous générateurs d’invention, de ressources inouïes, d’une maîtrise technique de leur art ouverte à l’imaginaire.

[23.02.2017] Nous continuons notre découverte de Britten avec Valentin Reymond, directeur artistique des Jardins Musicaux. Première partie: Britten: le père tutélaire des Jardins Musicaux.

Nous avons compris le lien si particulier que les Jardins Musicaux entretiennent avec la trajectoire personnelle et artistique de Britten. Une œuvre de Britten particulièrement marquante?

L’œuvre de Britten est importante et variée. Ses dix-sept opéras font aujourd’hui date, comme autant de chefs-d’œuvre. Dans sa production religieuse, une œuvre est particulièrement marquante, le War requiem (Requiem de guerre). Cet oratorio spectaculaire est beaucoup joué en Grange Bretagne; il l’est moins chez nous. Dédié à quatre soldats, nommés mais inconnus, tombés durant la guerre, il requiert un effectif important: un très grand chœur, un chœur d’enfants, trois solistes, un orgue et deux orchestres. Britten l’a écrit, pour l’inauguration, en 1962, de la Cathédrale de Coventry reconstruite après le bombardement de sinistre mémoire.

[09.02.2017] Quelques questions à Valentin Reymond, directeur artistique des Jardins Musicaux.

Britten est un compositeur très souvent joué aux Jardins Musicaux, pourquoi?

Les chemins empruntés par l’Opéra Décentralisé, les Jardins Musicaux, Bal(l)ades et la Grange aux Concerts ont tous trouvé une source d’inspiration (pourtant jamais vraiment thématisée) dans les travaux de Benjamin Britten. En particulier la période du sortir de la seconde guerre mondiale lorsqu’il crée l’English Opera Group, le Festival d’Aldeborough, les concerts décentralisés et qu’il investit et reconstruit, dans son village natal le Snape Malting, une ancienne malterie du 19e siècle.

Submit to FacebookSubmit to Google BookmarksSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn